Partager l'article ! Le ministère de la femme Ch 6: VI. Je ne permets pas à la femme d’enseigner “11 Que la femme écoute l’instruction en silenc ...
"Ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec chants d'allégresse"
“11 Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. 12 Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. 13 Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ; 14 Adam n’a pas été séduit, mais la femme, séduite, s’est rendue coupable de transgression.” (1 Timothée 2:11-14 NEG)
Ce texte est le seul qui interdise aux femmes de prêcher, c’est pourquoi nous voulons l’examiner avec un soin particulier.
L’auteur emploie dans ces versets des formes grammaticales ambiguës qui en augmentent la difficulté d’interprétation. Il est donc particulièrement tentant d’en établir la signification en fonction de nos propres convictions.
Il est nécessaire, si nous voulons analyser ce texte de façon honnête et impartiale, de poser quatre séries de questions.
ouk epitrepw
Ce terme exprime l’idée d’une restriction passagère plutôt qu’un commandement. Cependant, nous ne devons pas perdre de vue que, même lorsqu’il donne un avis personnel, Paul revendique l’autorité divine.
didaskein
C’est un mot au sens très large. Dans ce contexte, il signifierait, donner des directives et exercer la discipline face à de fausses doctrines ou à un comportement désordonné, ce qui impliquerait que la femme qui pratique cette forme d’enseignement doit prendre autorité sur l’homme. (H. Burki)
D’autres pensent, comme W. Liefeld, que seul le ministère de docteur didaskwn était interdit à la femme, le terme enseigner impliquant une relation d’autorité du maître à l’élève.
A cette époque où le N.T. n’était pas encore constitué, les docteurs, chargés d’enseigner les textes sacrés de l’A.T. avaient l’autorité qui revenait aux écritures. (G. Bilezikian)
auyentein
Paul emploie un mot rare à cet endroit, le mot habituel pour « autorité » est exousia.
Nous devons donc comprendre que Paul n’interdit pas toute forme d’autorité.
Le sens d’auyentein est très fort : abus de pouvoir, domination, despotisme. Paul admettait que des femmes soient investies d’une autorité, laquelle lui aurait été conférée par l’église, mais il ne permet pas qu’elle prenne d’elle – même cette autorité. (Liefeld)
Bien entendu, cela ne signifie pas qu’un homme aurait le droit de le faire.
« Enseigner et prendre autorité » ou « enseigner en prenant autorité » ?
oude
Un mot qui renforce un concept auquel deux éléments se rapportent. La fonction d’enseigner est appuyée par l’autorité : « je veux que vous fassiez ».
en hsucia
Ecouter l’enseignement dans un silence respectueux.
La femme mariée ne doit pas enseigner son mari, ni prendre autorité sur lui (Luther).
Dans ses épîtres, Paul emploie plus de 50 fois aner (homme) et gunh (femme) toujours dans le sens de mari et femme.
Nous pouvons donc admettre que l’interdiction, dans ce contexte, concerne principalement (mais pas exclusivement) le cadre familial.
Plusieurs éléments permettraient de penser que ce texte est motivé par des circonstances locales et temporelles.
La plupart des femmes n’avaient pas droit à l’instruction. En leur demandant d’écouter l’instruction (la prédication), Paul fait déjà un pas en avant. Il considère qu’elles ont besoin d’apprendre et ne sont pas encore aptes à enseigner.
Donc l'ordre n'est que temporaire: "Actuellement, je ne permets pas", "mais lorsque ces femmes auront appris suffisamment, par le ministère d'enseignants qualifiés, qu'elles auront écouté en silence et d'une manière réceptive, et si elles 'continuent dans la foi, l'amour, la sanctification et la discrétion', il n'y aura plus d'obstacle à ce qu'elles fonctionnent comme enseignantes, tout comme d'autres femmes fonctionnent comme prophétesses dans d'autres Eglises" (G. Bilézikian, 85 p. 180; 92 p. 143).
Cependant, toutes les femmes n’étaient pas incapables d’enseigner, nous avons l’exemple de Priscille.
Certaines femmes avaient embrassé des hérésies et voulaient les enseigner à Ephèse
Ces hérétiques, qu’on appelait les gnostiques croyaient que les femmes étaient des instruments de révélation. Ils considéraient qu’Eve était supérieure à Adam parce qu’elle était la première à avoir eu « les yeux ouverts ». GENESE 3.7 C’est pourquoi Paul rappelle ici l’ordre créationnel.
On peut toutefois s’étonner que Paul n’ait pas limité son interdiction à celles qui enseignent des erreurs, et n’ait rien dit au sujet des hommes qui, eux aussi prêchent des fausses doctrines.
Elles avaient beaucoup de privilèges. Dans le monde païen, certaines étaient prêtresses. Les chrétiennes riches avaient tendances à se conduire comme celles du monde.
Mais une fois de plus, nous devons nous étonner que Paul ne limite pas son interdiction à ces seules femmes.
chra : peut être traduit par « veuve » ou « femme célibataire ».
Il pourrait s’agir de celles qui prescrivent de ne pas se marier.
Nous avons dont trouvé quelques éléments de réponse, mais ils ne sont pas suffisants pour nous permettre de nous prononcer sur la question : Cette prescription est – elle locale et temporelle, ou bien universelle ?
En TITE 2.4 Paul demande aux femmes âgées d’enseigner les plus jeunes
Personne aujourd’hui n’interdirait à une femme d’enseigner les enfants sur la base de ce texte.
D’autres diront : Une femme peut tout enseigner sauf l’enseignement biblique.
Mais Priscille, nommée avant Acquilas a enseigné Apollos ACTES 18.24/26.
Paul a permis à la femme de prophétiser « afin que tous soient instruits » 1 CORINTHIENS 14.31.
D’autre part, si nous devions prendre l’interdiction de Paul au sens strict, il faudrait :
Retirer de nos recueils de chants les cantiques écrits par des femmes. (Dans la bible, plusieurs femmes ont pourtant écrit des cantiques)
Retirer des nos librairies chrétiennes les livres écrits par des femmes.
Le simple bon sens nous demande de relativiser. Il devient clair que ce que Paul interdit à la femme, c’est d’enseigner en prenant un abus d’autorité. Aucune femme de la Bible n’a jamais enseigné avec cette attitude.
Est – ce que le ministère féminin est biblique quant à :
Sa nature
Aux qualifications requises
Sa portée, son étendue.
Sa forme
Dans la pensée contemporaine, le mot ministre, ou ministre est associé à une idée de pouvoir, mais dans la pensée biblique, diakonia signifie « serviteur ».
EPHESIENS 3.6/7
“6 Ce mystère, c’est que les païens sont cohéritiers, forment un même corps, et participent à la même promesse en Jésus–Christ par l’Evangile, 7 dont j’ai été fait ministre selon le don de la grâce de Dieu, qui m’a été accordée par l’efficacité de sa puissance.”
Dans le même ordre d’idée, servir la Cène et un service, ce n’est pas une position d’autorité, et l’on peut se demander pour quelles raisons l’interdire aux femmes.
Dans le nouveau Testament, le ministère n’est pas toujours lié à la notion d’autorité.
Le ministère d'enseignement est-il automatiquement lié à un exercice d autorité? W. Liefeld a analysé les divers passages du Nouveau Testament où il est question d'autorité (l'autorité de chasser des démons, de guérir, l'autorité apostolique pour édifier l'Eglise...) Il conclut: "II n'existe pas de passage biblique qui identifie le ministère pastoral ou d'enseignement avec l'exercice de l'autorité et, inversement, la plupart des textes qui parlent d'autorité n'ont rien à voir avec ces ministères" (p.55-56). Si nous comprenons 1 Ti 2.12 comme se référant a l’enseignement d'autorité" (c'est-à-dire l'élaboration de nouvelles synthèses doctrinales et la définition de ce qui est permis et interdit à un chrétien: "lier et délier"), nous nous rendons compte que ce genre d'enseignement ne constitue qu'une très petite part du ministère de la parole. Même dans l'enseignement des hommes, il n'occupe – surtout actuellement - qu'une fraction très réduite.
La vocation
Les qualifications spirituelles
Les femmes autant que les hommes sont capables de répondre à ces critères.
Le problème du ministère féminin repose sur la question de l’autorité. Mais personne aujourd’hui ne s’opposerait à ce qu’une femme enseigne les enfants ou les jeunes. Le programme des classes d’école du dimanche est généralement préétabli et il n’y est plus question d’autorité. Ainsi, dans une école biblique, une femme peut être amenée à enseigner de futurs pasteurs.
Il n’y a donc pas de limites nettes entre ce qu’une femme peut faire ou ne pas faire sans prendre autorité sur l’homme.
Nous trouvons dans nos racines culturelles, depuis le moyen âge, que seul le clergé a le droit de prêcher.
La réforme n’a rien réformé dans ce domaine, avec elle encore, seuls les pasteurs « consacrés » avaient le droit de monter en chaire. Aujourd’hui, malheureusement, nous retrouvons ce mode de pensée dans certains milieux évangéliques, mais il n’a pas de fondement dans la parole de Dieu.
Au temps de Paul, il n’y avait pas de prédication « ex – cathedra ». L’enseignement était plutôt un entretien dirigé par le prédicateur au cours duquel chacun pouvait participer à l’édification.
La prédication comprenait 4 formes : l’enseignement, l’exhortation, le témoignage et la prophétie. A cette époque où l’on ne disposait pas de toute la révélation écrite, le prédicateur était donc investi d’une autorité considérable.
Depuis Luther, et par réaction à l’église Romaine qui la négligeait, la prédication a pris une grande place dans le culte. Dans les églises, la chaire, construite en hauteur, donnait au prédicateur une aura d’autorité qui semble ne pas convenir aux femmes.
Mais nous devons remarquer que les chaires n’existaient pas quand Paul a écrit ces lignes.
Si l’on peut juger inconvenant qu’une femme prêche « en chaire », il demeure possible qu’elle exerce le ministère de la parole sous une autre forme.
Au premier siècle, le culte se déroulait dans les maisons, chacun était libre d’apporter un cantique, une instruction, une prophétie. Paul ne précise nulle – part que cette activité était réservée aux hommes.
Le rôle du pasteur a été exagéré dans les églises protestantes ou évangéliques au cours des siècles, si bien que, de nos jours, on imagine difficilement une femme dans ce rôle. Mais nous devons nous rappeler qu’à l’origine de l’Eglise, le pasteur n’était pas forcément un « patron », mais un collaborateur.
A la lumière de ce que nous venons d’étudier, l’argument de 1 TIMOTHEE 2.12 interdisant à la femme le ministère de la parole nous paraît bien ténu si nous considérons honnêtement le texte dans son contexte.
Nous savons que le texte en question a été écrit en rapport à la situation particulière de l’église d’Ephèse et à la condition particulière de la femme à cette époque.
Devons-nous pour autant prendre la position inverse et considérer que ce verset n’a plus de signification ni de raison d’être pour les chrétiens d’aujourd’hui ?
Enfin, avant d'appliquer ce verset à notre situation contemporaine, il faudrait nous assurer que celle-ci correspond à la situation dans laquelle l'ordre a été donné. Au 1er siècle, le ministère différait du nôtre autant par sa nature, par les qualifications requises, par son étendue et par sa forme. En revenant à une conception plus proche de celle d'Eglise primitive, bien des objections à une participation de la femme à l'enseignement dans l'Eglise s'estomperaient.
Est-ce à dire que tous les obstacles à une parfaite équation des ministères masculins et féminins soient déblayés du chemin et que l'accès de la femme à toutes les fonctions de l'Eglise soit bibliquement justifié? Non, car il reste la question de l'autorité vers laquelle il faut nous tourner à présent.
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