Vendredi 16 mai 2008

Troisième partie : Le Saint Esprit agit dans l’Eglise naissante.

Ceux qui acceptèrent les paroles de Pierre se firent baptiser et, ce jour–là, environ trois mille personnes furent ajoutées au nombre des croyants. Dès lors, ils s’attachaient à écouter assidûment l’enseignement des apôtres, à vivre en communion les uns avec les autres, à rompre le pain et à prier ensemble. Tout le monde était très impressionné, car les apôtres accomplissaient beaucoup de prodiges et de signes miraculeux. Tous les croyants vivaient unis entre eux et partageaient tout ce qu’ils possédaient. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et répartissaient l’argent entre tous, selon les besoins de chacun. Tous les jours, d’un commun accord, ils se retrouvaient dans la cour du Temple ; ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leurs repas dans la joie, avec simplicité de cœur. Ils louaient Dieu, et le peuple tout entier leur était favorable. Le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu’il sauvait.

Actes 2.41/47

Les disciples de Jésus ont maintenant inauguré une nouvelle ère de l’histoire, celle de l’Eglise. Ils sont désormais armés de puissance et équipés pour le service. Ils vont immédiatement bénéficier de ce don merveilleux et en expérimenter l’efficacité.

Les apôtres remplis de courage

Ils étaient terrés dans leur chambre haute. Leur maître les avait quittés, ils étaient donc livrés à eux - même, seuls dans cette ville hostile. Ils n’osaient pas se montrer à l’extérieur. C’était la fête de la pentecôte, les juifs orthodoxes venus de tout l’empire Romain, c’est - à - dire du monde entier, se rassemblaient à Jérusalem. Ce n’était vraiment pas le jour de parler de Jésus sur la voie publique. Mieux valait se montrer discrets.

Et pourtant, le bruit du vent, la lumière du feu, et ces cent vingt hommes qui prophétisaient en diverses langues ne pouvaient pas passer inaperçu. Les visiteurs qui passaient levaient les yeux vers le refuge des disciples : « Qu’est - ce qui se passe là -haut ».

Inutile alors de continuer à se cacher et à vouloir se taire : Les disciples ont été découverts. Tout le monde a entendu le message, certains l’ont décrypté, tous ont réagi :

« - Ils sont complètement pafs !

- Mais alors, comment se fait ils que des gens du pays puissent ainsi louer l’Eternel dans notre propre langue, et sans aucune faute de grammaire ? »

Pierre n’a rien perdu de ces remarques, il saisit l’occasion pour prendre la parole. Lui, Pierre, certainement le plus peureux de tous, celui qui s’est « dégonflé » en face d’une servante. Il aurait plus que jamais de bonnes raisons d’avoir peur. Rempli de la force et du courage que donne le Saint - Esprit, le voilà lancé :

Alors Pierre se leva entouré des Onze et, d’une voix forte, il dit à la foule : – Ecoutez–moi bien, vous qui habitez la Judée et vous tous qui séjournez à Jérusalem : comprenez ce qui se passe. Certains d’entre vous insinuent que ces hommes seraient ivres. Pas du tout ! Il est à peine neuf heures du matin !

Vs 14 et 15

Avec quelle assurance et quelle clarté Pierre annonce en un premier sermon le message complet du Salut, et l’apôtre Paul pourra écrire plus tard avec raison :

Dieu nous a donné un Esprit qui, loin de faire de nous des lâches, nous rend forts, aimants et réfléchis. N’aie donc pas honte de rendre témoignage au sujet de notre Seigneur. N’aie pas non plus honte de moi qui suis ici en prison pour sa cause. Au contraire, souffre avec moi pour l’Evangile selon la force que Dieu donne. C’est lui qui nous a sauvés et nous a appelés à mener une vie sainte. Et s’il l’a fait, ce n’est pas à cause de ce que nous avons fait, mais bien parce qu’il en avait librement décidé ainsi, à cause de sa grâce. Cette grâce, il nous l’a donnée de toute éternité en Jésus–Christ. Et maintenant elle a été révélée par la venue de notre Sauveur Jésus–Christ. Il a brisé la puissance de la mort et, par l’Evangile, a fait resplendir la lumière de la vie et de l’immortalité.

2 Timothée 1.7/10

Et encore :

Car je suis fier de l’Evangile : c’est la puissance de Dieu par laquelle il sauve tous ceux qui croient, les Juifs d’abord et aussi les non–Juifs.

Romains 1.16

Regain d’intérêt pour la parole de Dieu

Le prédication de Pierre a remporté un succès remarquable auprès de ses auditeurs : Trois mille personnes ont accepté de donner leur cœur à Jésus et se sont faites baptiser. La venue du Saint - Esprit a provoqué le plus grand réveil de l’histoire. Immédiatement, les nouveaux convertis prennent la résolution de s’attacher à la parole de Dieu et de se laisser enseigner. Plus encore que la liste impressionnante de nouveaux baptisés, le retour à la parole de Dieu caractérise tout véritable réveil : Souvenons - nous de l’expérience de Josias. Je ne crois plus aux réveils qui se manifestent uniquement par des expériences inédites. Je me méfie des prédicateurs qui montent en chaire sans leur bible. J’espère voir un réveil en France avant le retour du Seigneur. Alors nous verrons se réaliser les paroles de notre cher poète Victor Hugo : « Ensemencez les villages d'évangiles: une bible par cabane... »

Communion fraternelle

A cette époque, il n’y avait pas encore de bâtiment consacré qu’on appelait une église, avec e minuscule. Les Chrétiens de Jérusalem se réunissaient soit dans la cour du temple, tant qu’ils en avaient la possibilité, aussi bien que dans les maisons. Je ne crois pas que nous devions pour autant enseigner qu’il n’est pas bon pour l’église locale d’avoir un bâtiment. De nos jours, dans notre pays, il nous paraît préférable d’avoir une « vitrine » pour être plus visibles aux yeux du monde. Mais sur le plan biblique, cela n’a pas d’importance. Nous découvrons que la cène n’était pas distribuée seulement une fois par semaine, ni une fois par mois, ni une fois par an, mais tous les jours. Le premier jour de la semaine, le dimanche, est celui de la résurrection. Ces deux mots son d’ailleurs homonymes en russe. Actes 20.7 nous laisse penser que l’Eglise a pris très tôt l’habitude de célébrer un culte particulier en ce jour. Toujours est - il que la parole de Dieu ne donne par d’obligation concernant le jour où les chrétiens doivent se réunir. Aujourd’hui, certaines églises organisent deux cultes, un le samedi soir et l’autre le dimanche matin, voire un seul culte le samedi soir, pour des questions d’ordre pratique : le boulanger travaille le dimanche matin.

Pour celui–ci, tel jour vaut plus qu’un autre ; pour celui–là, ils ont tous la même valeur : à chacun d’avoir une pleine conviction en lui–même. Celui qui fait une distinction entre les jours le fait pour le Seigneur. Celui qui mange le fait aussi pour le Seigneur, puisqu’il remercie Dieu pour sa nourriture. Et celui qui s’abstient de certains aliments le fait encore pour le Seigneur, car lui aussi remercie Dieu.

Romains 14.5/6

Ce qui est important, c’est que les chrétiens vivent ensemble, partagent le pain ensemble, prient ensemble, louent ensemble, chantent ensemble, étudient la Bible ensemble, et ceci malgré leurs divergences, leurs caractères parfois difficilement conciliables, leurs différences sociales, culturelles ou ethniques.

Les apôtres accomplissaient des miracles

Le plus beau réveil de l’histoire est accompagné de miracles. Est - ce que le temps des miracles est passé. Devons nous croire que le Saint - Esprit nous a laissé pour compte si nous ne vivons pas le miracle au quotidien ? Il est difficile de répondre à ces questions en quelques mots. J’ai l’intention de les développer plus tard. Je pourrais tout résumer ainsi : Notre Dieu est le Dieu des miracles, mais il ne se donne pas en spectacle.

Une action sociale de l’Eglise

Les croyants issus de ce réveil étaient extrêmement sensibles aux besoins matériels de leurs prochains, et ils réalisaient aussi la vanité et le superflu des richesses d’en bas. Spontanément, ceux qui avaient deux maisons en vendaient une pour en distribuer le produit aux pauvres. Il est curieux de constater qu’il y a quelques petites décennies encore, beaucoup d’églises se considéraient trop spirituelles pour participer à la vie sociale. On affectait un certain mépris vis - à - vis de l’Armée du Salut, qui distribue de la soupe aux pauvres : « Nous, on distribue la parole de Dieu ! ». Heureusement, les mentalités ont commencé à changer. Engagement social n’est pas incompatible avec engagement spirituel. Ce n’est pas parce que je fais de bonnes œuvres que je suis sauvé, c’est parce que je suis sauvé que je fais de bonnes œuvres.

Supposez qu’un frère ou une sœur manquent de vêtements et n’aient pas tous les jours assez à manger. Et voilà que l’un de vous leur dit : « Au revoir, mes amis, portez–vous bien, restez au chaud et bon appétit », sans leur donner de quoi pourvoir aux besoins de leur corps, à quoi cela sert–il ?

Jacques 2.15/16

Une église en pleine croissance

Et bien entendu, l’Eglise progressait numériquement. Le Seigneur ajoute chaque jour des âmes nouvelles aux trois mille chrétiens qui, en un seul jour ont formé la première église locale. C’étaient d’abord des juifs, ou bien des prosélytes : des non - juifs convertis au judaïsme. La communauté locale commençait à prendre ses aises à Jérusalem. Il aura fallu une persécution pour qu’elle se décide à essaimer. Ensuite, il aura fallu une intervention surnaturelle du Saint - Esprit pour que les chrétiens répondent à l’ordre de Jésus : « Faites de toutes les nations des disciples. »

Alors que Pierre prononçait ces mots, l’Esprit Saint descendit soudain sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Les croyants juifs qui étaient venus avec Pierre furent très étonnés de voir que l’Esprit Saint était aussi donné et répandu sur les non–Juifs. En effet, ils les entendaient parler en différentes langues et célébrer la grandeur de Dieu. Alors Pierre demanda : – Peut–on refuser de baptiser dans l’eau ceux qui ont reçu l’Esprit Saint aussi bien que nous ? Et il donna ordre de les baptiser au nom de Jésus–Christ. Ensuite, ils le prièrent de rester encore quelques jours avec eux.

Actes 10.44/48

Je vous propose maintenant de conclure en nous résumant sur ces trois points :

  1. Le plus grand réveil de l’Eglise n’aurait pu se réaliser sans l’action du Saint – Esprit.
  2. Les églises qui ne font plus confiance au Saint – Esprit et à la parole de Dieu sont appelées à décliner et à périr.
  3. N’attendons pas du Saint – Esprit des actions qui flattent notre désir de manifestations surnaturelles. Mais demandons lui la plus extraordinaire des manifestations, celle de transformer les vies.
par André FILLION publié dans : Messages d'André
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 16 mai 2008

Pentecôte, la venue du Saint - Esprit

C’était le jour de la Pentecôte, un jour de fête pour les disciples de Jésus, un jour de fête aussi pour les juifs qui, rappelons - le, célèbrent alors la fête des premières récoltes, littéralement, d’après le grec : la fête des cinquante jours.

Vous compterez sept semaines entières à partir du lendemain du jour du repos où vous aurez apporté la gerbe destinée à m’être présentée. Vous compterez cinquante jours jusqu’au lendemain du septième jour du repos et, ce jour–là, vous me présenterez une nouvelle offrande. Vous apporterez, des lieux où vous habiterez, deux pains pour faire le geste de présentation avec eux, chacun d’eux sera fait de six kilogrammes de fleur de farine et sera cuit en pâte avec du levain ; ils représenteront les premiers fruits de votre récolte. Avec le pain vous offrirez aussi sept agneaux sans défaut, dans leur première année, un jeune taureau et deux béliers, qui me seront offerts en holocauste, accompagnés de leur offrande et de leur libation. Ce sera un sacrifice consumé par le feu, à l’odeur apaisante pour l’Eternel. Vous offrirez aussi un bouc en sacrifice pour le péché et deux agneaux d’un an en sacrifice de communion. Le prêtre fera avec le pain des premières récoltes le geste de présentation devant l’Eternel. Ils me seront consacrés avec les deux agneaux et reviendront au prêtre. En ce même jour, vous convoquerez le peuple pour qu’il se rassemble afin de me rendre un culte. Vous ne ferez aucune tâche de votre travail habituel ; c’est une ordonnance en vigueur à perpétuité et pour toutes les générations dans tous les lieux où vous habiterez.

Lévitique 23.15/21

Pentecôte est aussi un jour de fête pour les chrétiens, et pour le monde une bonne occasion printanière de prendre deux ou trois jours de vacances.

C’est surtout le jour unique où l’Eglise de Jésus - christ a reçu le Saint - Esprit.

Voici les questions sur lesquelles nous voudrions réfléchir aujourd’hui :

  • Pourquoi le Sain- Esprit est - il venu ?
  • Avons - nous besoin du Saint - Esprit ?

Première partie : Promesses concernant le Saint - Esprit.

Nous étudierons d’abord quelques textes de l’Ancien - Testament qui préfigurent cet événement extraordinaire :

Moïse l’Avait souhaité

L’Esprit vint également demeurer sur deux hommes qui se trouvaient dans le camp, et qui s’appelaient Eldad et Médad. L’Esprit vint reposer sur eux car ils figuraient parmi les inscrits, bien qu’ils ne se soient pas rendus à la Tente, et, dans le camp, ils se mirent à parler sous l’inspiration de Dieu. Un jeune homme courut avertir Moïse : – Eldad et Médad sont en train de parler sous l’inspiration de Dieu dans le camp ! Alors Josué, fils de Noun, qui était l’assistant de Moïse depuis sa jeunesse, intervint en disant : – Moïse, mon maître, empêche–les de faire cela ! Moïse lui répondit : – Serais–tu jaloux pour moi ? Que l’Eternel, au contraire, accorde son Esprit à tous les membres de son peuple pour qu’ils deviennent tous des prophètes !

Nombres 11.26/29

Nous sommes au désert de Paran, le peuple, excité par le « ramassis d’individu » qui l’avait suivi en touriste commence à se plaindre :

La cantine est détestable ici ! Et puis, c’est tous les jours le même menu : Lundi : de la manne, mardi : de la manne, mercredi : de la manne. …

Plus grave, les israélites commencent à regretter le bon vieux temps : En Egypte, nous étions peut - être enchaînés, mais au mois, nous mangions bien : Il y avait des concombres, des poireaux, de l’ail, des melons, et surtout de la viande.

Et tous s’en vont trouver Moïse : Soit tu nous ramène en Egypte, soit tu nous trouve de la viande.

Nous connaissons la suite de l’histoire : Moïse convoque une cellule de crise. Au cours de ce rassemblement, le Saint - Esprit est répandu sur les soixante - dix participants, ainsi que sur Eldad et Médad qui étaient pourtant excusés. Aussitôt, les uns et les autres se mettent à prophétiser. Ici, pas de langues de feu ni de langues étrangères, mais le saint - Esprit et en action. Josué, le jeune stagiaire de Moïse ne comprend pas ce qui ce passe : Il faut arrêter ça tout de suite ! Ça ne se fait pas !

J’ai l’habitude d’appeler cet épisode « La Pentecôte de Moïse. »

Joël l’Avait prophétisé

Après cela, moi, je répandrai mon Esprit sur tout le monde : vos fils, vos filles prophétiseront. Vos vieillards, par des songes, vos jeunes gens, par des visions, recevront des révélations. Et même sur les serviteurs, sur les servantes, moi, je répandrai mon Esprit en ces jours–là.

Joël 2.28/28 (3.1/2)

Qui pouvait bénéficier du Saint - Esprit au temps où parlait Joël ?

D’abord des hommes choisis par Dieu. Prenons l’exemple de Joseph.

Alors le pharaon leur dit : – Trouverions–nous un homme aussi compétent que celui–ci en qui habite l’Esprit de Dieu ?

Genèse 41.38

Ce privilège était également accordé aux dirigeants, d’abord Moïse, ensuite Josué, qui ne tolérait guère la concurrence en ce domaine :

Josué, fils de Noun, était rempli d’un Esprit de sagesse, car Moïse lui avait imposé les mains. Dès lors, les Israélites lui obéirent et se conformèrent aux ordres que l’Eternel avait donnés à Moïse.

Deutéronome 34.9

Les prophètes de l’Eternel sont bien entendus les premiers servis. Peut on imaginer un prophète sans l’Esprit  - Saint ?

Lorsqu’ils eurent passé, Elie dit à Elisée : – Que voudrais–tu que je fasse pour toi ? Demande–le moi avant que je sois enlevé loin de toi. Elisée répondit : – J’aimerais recevoir une double part de ton esprit.

2 Rois 2.9

Examinons aussi le « cas Samson ». Ne craignons pas de l’affirmer : Samson était un enfant de Dieu très charnel. Il n’y avait que deux choses qui l’intéressaient dans la vie : les filles et la baston. Le Seigneur aurait certainement préféré l’oindre de l’Esprit pour en faire un prophète, mais Samson n’avait pas vraiment le profil. Alors il l’a qualifié en fonction de ses compétences : castagneur de l’Eternel. Sa situation nous montre en tous cas que Dieu ne se met pas en peine de nous employer en dépit de nos faiblesses.

Alors l’Esprit de l’Eternel fondit sur lui, il se rendit à Askalon, y tua trente hommes, s’empara de leurs vêtements et donna les habits de rechange à ceux qui lui avaient révélé le sens de la devinette. Il rentra chez lui, bouillant de colère.

Juges 14.19

L’onction du Saint - Esprit était donc limités à des hommes déterminée pour des durées souvent elles aussi déterminées.

Joël annonce donc une révolution dans le domaine de la spiritualité. Le temps de l’élite aura une fin. L’esprit sera répandu sur tout le monde, ou, comme le traduit Segond : « Sur toute chair ». Sur toutes les catégories :

  • Les jeunes et les vieux :

Il n’y a plus de conflit des génération : garçons et jeunes filles, malgré le manque d’expérience lié à la jeunesse, seront les porte paroles de Dieu. Quand aux frères et sœurs âgés, pas question de les mettre à la retraite, tant qu’ils ont quelque chose à apporter à l’œuvre du Seigneur.

  • Les femmes :

Qui oserait dire que le Saint - Esprit est misogynes et que les croyants doivent l’être aussi ? En tout cas, les contemporains de Joël l’étaient sans aucun doute.

  • Les serviteurs et les servantes

Ceux - ci étaient le plus souvent des esclaves, exclus entre les exclus. Certaines étaient des femmes esclaves, et non juives par-dessus le marché !

Jésus l’avait promis

Durant son ministère terrestre, et à diverses reprises, Jésus a invité ses disciples à demander en prière le Saint - Esprit comme un besoin primordial.

Ainsi, moi je vous le dis : Demandez, et vous recevrez ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et l’on ouvre à celui qui frappe. Il y a des pères parmi vous. Lequel d’entre vous donnera un serpent à son fils quand celui–ci lui demande un poisson ? Ou encore, s’il demande un œuf, lui donnera–t–il un scorpion ? Si donc, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera–t–il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent.

Luc 11.9/12

Le dernier jour de la fête, le jour le plus solennel, Jésus se tint devant la foule et lança à pleine voix : – Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et que celui qui croit en moi boive. Car, comme le dit l’Ecriture, des fleuves d’eau vive jailliront de lui. En disant cela, il faisait allusion à l’Esprit que devaient recevoir plus tard ceux qui croiraient en lui. En effet, à ce moment–là, l’Esprit n’avait pas encore été donné parce que Jésus n’était pas encore entré dans sa gloire.

Jean 7.37/39

De même, lorsque Jésus fut parvenu au terme de sa mission, il pria le Père d’accorder à ses disciples ce don merveilleux.

Si vous m’aimez, vous suivrez mes enseignements. Et moi, je demanderai au Père de vous donner un autre Défenseur de sa cause, afin qu’il reste pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité, celui que le monde est incapable de recevoir parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas. Quant à vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.

Jean 14.15/17

Se montrant à eux après sa résurrection, Jésus leur accorda le Saint - Esprit promis. Ils ne l’ont pas reçus de façon effective, mais ils ont eu l’assurance de recevoir cet armement indispensable, en l’absence physique su Seigneur, pour continuer son combat.

Tout en disant cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie parce qu’ils voyaient le Seigneur. – Que la paix soit avec vous, leur dit–il de nouveau. Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après avoir dit cela, il souffla sur eux et continua : – Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez leurs péchés en seront effectivement tenus quittes ; et ceux à qui vous les retiendrez en resteront chargés.

Jean 20.20/23

Bien entendu, cet Esprit saint tant attendu n’est ni un jouet ni  un gadget, mais ce revêtement de puissance est accompagné, en contrepartie d’une mission, celle de proclamer l’Evangile d’abord à Jérusalem, puis dans le monde entier.

Quant à moi, j’enverrai bientôt sur vous ce que mon Père vous a promis. Vous donc, restez ici dans cette ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut.

Luc 24.29

Mais le Saint–Esprit descendra sur vous : vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde.

Actes 1.8

Deuxième partie : le peuple de Dieu reçoit le Saint – Esprit.

Le jour de pentecôte est enfin venu. Sept semaines après la résurrection de Jésus, le Saint - Esprit se manifeste sur les 120 disciples en prière dans la chambre haute. Il ne pouvait pas choisir un moment plus hautement symbolique : Cette fête judaïque nous parle de renouvellement et d’abondance. L’avènement de l’Esprit - Saint dans le corps de Christ se matérialise par trois actions que nous nous proposons d’analyser.

Un vent impétueux :

Tout d’abord, on entend comme un bruit de tempête. Le Saint - Esprit est dans le vent. Ce n’est pas étonnant puisque l’hébreu « ruach » autant que le grec « pneuma » emploie le mot vent, souffle, pour désigner l’Esprit de Dieu. Jésus, parlant de l’Esprit saint nous enseigne sur ce vent qui souffle où il veut et dont on entend le bruit.

Jésus lui répondit : – Vraiment, je te l’assure : à moins de renaître d’en haut, personne ne peut voir le royaume de Dieu.

Jean 3.3

Jésus s’adressait à Nicodème, ce docteur en théologie qui, malgré toute sa science avouait au Seigneur son ignorance totale quant aux choses de l’Esprit : « Il faut que tu naisse de nouveau ». Cette injonction de Jésus ne peut se comprendre que dans l’Esprit de Dieu. Un de mes collègues, qui depuis quelques semaines s’est approché du Seigneur, a commencé à témoigner de sa foi auprès d’un autre collègue et lui a parlé de sa nouvelle naissance.

« Ah ! Bon ? Tu viens d’avoir un deuxième enfant ? »

Des langues de feu

Ensuite, il y a de quoi être effrayé. On aurait pu croire que la foudre avait frappé la maison. Une colonne de feu s’engouffre dans la chambre haute, puis se partage en langues de feu qui viennent chacune se poser sur chacun des assistant, sans rien brûler.

Cette expérience nous ramène bien sur à la prophétie de Jean - Baptiste concernant le baptême dispensé par le Seigneur.

Moi, je vous baptise dans l’eau, en signe de votre changement de vie. Mais quelqu’un vient après moi : il est bien plus puissant que moi et je ne suis même pas digne de lui enlever les sandales. C’est lui qui vous baptisera dans le Saint–Esprit et le feu.

Matthieu 3/11

Doit - on conclure de ce passage que le baptême de l’Esprit et le baptême de feu soient deux expériences distinctes ? Rien ne nous permet de l’affirmer, mais nous rencontrons quelquefois de la confusion sur ce sujet.

Je mes souviens des paroles de ce vieux cantique :

« Oh ! Viens ! Esprit de Dieu, - Fais-nous sentir ta présence - Revêts-nous de ta puissance - Et baptise-nous de feu. »

Sommes - nous bien certains de vouloir être baptisés de feu. Le feu est évidemment un symbole du Saint - Esprit, mais surtout un symbole d’épreuve, de purification et de jugement.

Ceux qui ont accepté la nouvelle naissance dont parle Jésus à Nicodème, acceptent aussi le baptême de l’Esprit et du feu, de ce feu qui nous purifie et qui nous met à l’épreuve, ce feu du jugement divin. Il ne s’agit pas du jugement dernier car aucun chrétien né de nouveau n’aura la mauvaise surprise d’être envoyé en enfer, mais du jugement qui déterminera notre position dans le royaume céleste.

Dans une parabole bien connue, Jésus nous parle de deux hommes qui ont construit leur maison, l’un sur le roc, l’autre sur le sable. Celui qui a construit sa maison sur le roc, nous l’avons bien compris, à fondé sa vie en Jésus - Christ et recevra de lui la vie éternelle. Quant à l’autre, il à construit la sienne sur un autre fondement : Sur une religion hypocrite ou bien sur le monde. Que sa maison soit construite en paille ou en béton armé, elle ne résistera pas à la tempête du jugement. Il entrera dans l’éternité par la mauvaise porte.

L’apôtre Paul considère cette question sous un angle différent.

Pour ce qui est du fondement, nul ne peut en poser un autre que celui qui est déjà en place, c’est–à–dire Jésus–Christ. Or on peut bâtir sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses ou du bois, du chaume ou du torchis de paille. Mais le jour du jugement montrera clairement la qualité de l’œuvre de chacun et la rendra évidente. En effet, ce jour sera comme un feu qui éprouvera l’œuvre de chacun pour en révéler la nature. Si la construction édifiée sur le fondement résiste à l’épreuve, son auteur recevra son salaire ; mais si elle est consumée, il en subira les conséquences. Lui, personnellement, sera sauvé, mais tout juste, comme un homme qui réussit à échapper au feu.

1 Corinthiens 3.11/15

Ceux qui ont construit leur maison sur le sable ont été disqualifiés dès la première manche. Restent en lice deux catégories d’architectes. Tous ont construit sur le bon fondement, qui est Jésus - Christ, mais les uns avec des matériaux précieux et solides, les autres avec des matériaux corruptibles ou inflammables. Dans ce cas, ce n’est plus le vent ni la pluie qui vont éprouver et détruire, mais le feu de l’Esprit. Celui qui aura manqué l’épreuve ne sera pas « jeté dans l’étang de feu », il conservera son salut, mais il sera sauvé « in extremis », comme rescapé d’un incendie. Il passera son éternité dans un deux pièces cuisine, alors que le Seigneur aurait souhaité lui livrer un château semblable à celui de Versailles, mais en plus grand.

Voici donc un aspect de l’œuvre du Saint - Esprit : Il met en lumière la véritable consistance de notre foi.

Ils parlèrent différentes langues

La troisième manifestation du Saint - Esprit à la Pentecôte, la plus connue et la plus controversée est sans aucun doute le don accordé aux témoins de Christ de s’exprimer dans des langues qu’ils n’ont pas apprises.

Lisons à ce sujet :

Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes miraculeux qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront des démons, ils parleront des langues nouvelles, ils saisiront des serpents venimeux, ou s’il leur arrive de boire un poison mortel, cela ne leur causera aucun mal. Ils imposeront les mains à des malades et ceux–ci seront guéris.

Marc 16.17/18

Nous avons un problème avec ce texte : En effet, il est absent d’un certain nombre de manuscrits fiables. Tant qu’on ne m’a pas prouvé par a + b qu’il est apocryphe, je le considère comme inspiré, mais nous devons savoir que tous les critères d’authenticité ne sont pas réunis.

C’est la seule fois, à ma connaissance, que Jésus fasse allusion à la possibilité pour les chrétiens de parler des langues étrangères sans les avoir apprises.

Un jeune couple devait partir en mission pour le Burkina Faso et, s’appuyant sur ce texte prièrent ainsi : « Seigneur, puisque tu nous a promis que nous parlerions de nouvelles langues, donne - nous le Dioula, s’il te pliait, afin que nous n’ayons pas besoin de l’apprendre. » Mais ils ont dû acheter la méthode « Assimil » comme tout le monde.

Remarquons bien qu’il s’agit ici de langues de peuples connus (xénoglossie), et non pas d’un ensemble de syllabes incohérentes (glossolalie). Des pèlerins venant de tout le pourtour méditerranéen affluaient vers le temple. Certains avaient mal réglé leur traducteur simultané et ne comprenaient rien du tout. Pour eux les chrétiens avaient un peu forcé sur la dive amphore et baragouinaient n’importe quoi.

Pour l’anecdote, Baragouiner vient de deux mots bretons : bara gwin, qui signifient « du pain et du vin ».

D’autres témoins étaient émerveillés. Comment ces autochtones peuvent - il proclamer de telles paroles dans notre langue maternelle ?

Que signifie ce phénomène pour le peuple de Dieu ?

Revenons aux débuts de l’histoire de l’humanité. Celle - ci ne formait qu’un seul pays, la Mésopotamie, et ne parlaient qu’une langue. C’était bien plus pratique. Un jour, ils se sont lancés dans un grand projet immobilier :

A cette époque–là, tous les hommes parlaient la même langue et tenaient le même langage. Lors de leurs migrations depuis le soleil levant, ils découvrirent une vaste plaine dans le pays de Shinéar et ils s’y établirent. Ils se dirent les uns aux autres : – Allons, moulons des briques et cuisons–les au four. Ainsi ils employèrent les briques comme pierres et le bitume leur servit de mortier. Puis ils dirent : – Allons, construisons–nous une ville et une tour dont le sommet atteindra jusqu’au ciel, alors notre nom deviendra célèbre et nous ne serons pas disséminés sur l’ensemble de la terre. L’Eternel descendit du ciel pour voir la ville et la tour que les hommes construisaient. Alors il dit : – Voici qu’ils forment un seul peuple parlant tous la même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris de faire ! Et maintenant, quels que soient les projets qu’ils concevront, rien ne les empêchera de les réaliser. Eh bien, descendons et brouillons leur langage pour qu’ils ne se comprennent plus entre eux ! Et l’Eternel les dissémina loin de là sur toute la terre ; ils cessèrent donc la construction de la ville. C’est pourquoi on l’appela Babel parce que là, l’Eternel avait confondu le langage des hommes de toute la terre, et c’est à partir de là qu’il les a dispersés sur toute la terre.

Genèse 11.1/9

L’orgueil de l’homme, se croyant plus malin que le créateur a provoqué la confusion des langues et la dispersion des peuples. La confusion des langues entraîne les malentendus et les désordres. Dans ma jeunesse, j’ai perdu mes amis allemands parce que, dans une lettre à l’un d’eux, j’ai employé un mot à mauvais escient. Depuis lors, ils m’ont catalogué comme un individu infréquentable.

Remarquons que les hommes ont essayé de sauver les meubles de Babel par leurs propres moyens. C’est la raison pour laquelle tous les habitants de la planète massacrent l’anglais. Je suis d’ailleurs moi - même très mal placé pour les critiquer. C’est dans l’espoir de rassembler les peuples et d’abolir la guerre qu’on a inventé l’espéranto, et plus antérieurement, le volapük.

Seule l’humilité de Christ a pu réunir ce que l’orgueil humain a disperser. En ce jour glorieux, les peuples ne pouvaient que célébrer ensemble les merveilles de Dieu.

Par ce moyen, le Saint - Esprit nous rappelle aussi la mission de l’Eglise, qui ne devra plus se limiter au pays d’Israël mais à tous les peuples et à toutes les nations.

Alors Jésus s’approcha d’eux et leur parla ainsi : – J’ai reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre : allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples, baptisez–les au nom du Père, du Fils et du Saint–Esprit et apprenez–leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit. Et voici : je suis moi–même avec vous chaque jour, jusqu’à la fin du monde.

Matthieu 28.18/20

 

 

 

 

 


 

par André FILLION publié dans : Messages d'André
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 31 mars 2008

Agrandissez votre territoire

Les fils de Joseph parlèrent à Josué, et dirent : Pourquoi nous as–tu donné en héritage un seul lot, une seule part, tandis que nous formons un peuple nombreux et que l’Eternel nous a bénis jusqu’à présent ? Josué leur dit : Si vous êtes un peuple nombreux, montez à la forêt, et vous l’abattrez pour vous y faire de la place dans le pays des Phéréziens et des Rephaïm, puisque la montagne d’Ephraïm est trop étroite pour vous. Les fils de Joseph dirent : La montagne ne nous suffira pas, et il y a des chars de fer chez tous les Cananéens qui habitent la vallée, chez ceux qui sont à Beth–Schean et dans les villes de son ressort, et chez ceux qui sont dans la vallée de Jizreel. Josué dit à la maison de Joseph, à Ephraïm et à Manassé : Vous êtes un peuple nombreux, et votre force est grande, vous n’aurez pas un simple lot. Mais vous aurez la montagne, car c’est une forêt que vous abattrez et dont les issues seront à vous, et vous chasserez les Cananéens, malgré leurs chars de fer et malgré leur force.”

Josué 17.14/18

Enfin l’écurie !

Quel plaisir, après un long et pénible voyage, de retrouver enfin ses chères pénates !

Il faut dire que le voyage des israélites dans le désert n’avait rien d’un voyage organisé. Parce qu’ils ont manqué de foi et ont eu peur des Cananéens qui habitaient le pays, cette entrée en terre promise leur avait été une première fois refusée. Après quarante années de pérégrinations et d’épreuve, ils peuvent enfin pénétrer dans le pays promis.

Le temps n’est cependant pas encore venu d’enfiler les charentaises. Il y a du terrain à défricher, mais il y a surtout des batailles à gagner. Les Cananéens dont la génération précédente avait tant soit peu exagéré la force et la taille, étaient néanmoins présents, et peu enclins à laisser la place au peuple de Dieu. Le livre de Josué nous explique les détails de cette conquête.

Enfin, le pays est gagné, le drapeau est planté. Il faudra maintenant partager le pays en dix provinces qui seront attribuées à chacune des dix tribus d’Israël. Je dis bien dix, et non douze, puisque deux d’entre elles, Gad et Ruben ont décidé de demeurer à l’extérieur.

On se sent à l’étroit. (Vs 14)

Sitôt le gâteau cuit, il faut le partager, et c’est là que les problèmes commencent.

Et pourquoi ta part est - elle plus grosse que la mienne ? Il faut se munir d’un rapporteur d’angles et d’un compas pour éviter les jalousies, et plus les convives sont nombreux, plus le partage est difficile. En l’occurrence, dix familles d’Israël vont découper la pizza de Canaan.

Les plus mécontents sont les deux tribus issues de Joseph, c’est - à dire Ephraïm et Manassé.

Ça ne va pas du tout, Josué ! Nous sommes un peuple nombreux, l’Eternel nous a béni, nous voulons encore nous agrandir, et tu ne nous donne à chacun qu’une toute petite part de rien du tout. Et regarde Juda ! Eux ils ont un bon tiers du pays pour eux tout seuls. Tu veux savoir ce qu’on en pense ? Eh bien ! Tu fais du favoritisme ! Voilà !

Cela me rappelle les conversations que j’entends tous les matins dans les travées de la distribution :

« Ta tournée est plus petite que la mienne !

- Ce n’est pas vrai !

- Regarde mes cases. Elles sont plus pleines que les tiennes. Tu as une tournée de femme enceinte !

- J’ai moins de volume mais plus de kilomètres. J’ai peut - être une tournée de manchot, mais pas d’unijambiste. »

Et nous ? Berger, chien ou brebis de l’Assemblée du Seigneur ? De quel clan somme nous ? D’Ephraïm ou de Manassé ? Car ne le nions pas, nous nous sentons souvent lésés dans la part que nous avons reçue. Entre le ministère dont je rêvais à l’école biblique et celui que Dieu m’a donné, la marge est large. Mais j’ai appris à m’en satisfaire.

Et d’abord, pourquoi somme nous une petite église ? Qu’est - ce que le Seigneur attend pour envoyer le réveil ?

Ce ne sont pas les excuses qui manquent :

  • D’abord le terrain est trop dur ici.

Trop de catholicisme. Trop d’occultisme dans les campagnes. Trop de ceci, trop de cela …

Sous prétexte que notre vision est limitée, nous pourrions nous autoriser à limiter Dieu. Ill ne peut pas intervenir dans notre région. Pourquoi ne nous a - t- il pas envoyé deux cents kilomètres plus au sud ?

  • Ensuite la ville est trop petite.

Evidemment ! Dans une agglomération de 6000 habitants, on ne peut pas avoir une église de 10 000 membres comme chez Rick Warren !

C’est vrai, notre foi est souvent proportionnelle aux statistiques.

Paris compte plusieurs centaines d’église de toutes obédiences, mais les petites villes n’ont -elles pas le droit, elles aussi, de compter plusieurs communautés, correspondant à des sensibilités spirituelles différentes ?

En vacances dans les Boutières, je suis descendu un dimanche avec ma famille visiter à Lamastre une église libre. Après le culte, nous avons eu une conversation avec le pasteur : « Dans cette ville de quatre mille habitants, nous disait - il, il y a une église réformée, une église darbyste, une église pentecôtiste, et enfin nous même, et tout ces gens s’entendent très bien. »

Ce gros village est - il une exception à la loi du Far West ?

« Cette ville est trop petite pour nous deux, Lucky Luke, dégaine ! »

Il faut faire de la place

Revenons au pays de Canaan.

Josué donne une réponse directe aux revendications :

« Vous êtes à l’étroit ? Eh bien ! Vous n’avez qu’à faire de la place.

- Oui, mais comment ?

- Avec une hache. »

J’appartiens à la génération à laquelle on a lavé le cerveau avec le même message : « Il faut à tout prix faire avancer la civilisation industrielle, quitte à bouziller la planète ». On nous a rempli la tête d’un auteur qui abondait dans cette idéologie : André Maurois. Dictée extraite des œuvres d’André Maurois. Rédaction : « Commentez cette phrase d’André Maurois. » Grammaire : « Dans cette phrase d’André Maurois, où se trouve le complément d’objet direct ? »

Sans oublier ces beaux vers d’Alphonse de Lamartine qui ont révolté mon âme d’adolescent, alors que je rêvait de changer le monde :

« La caravane humaine un jour était campée
Dans des forêts bordant une rive escarpée
Et ne pouvant pousser sa route plus avant
Les chênes l’abritaient du soleil et du vent … »

Il fallait absolument que l’humanité poursuive sa route, ce qu’elle n’a pu faire qu’en détruisant la forêt pour construire un pont.

La solution de Josué, elle non plus, n’était pas très écologique : pourtant les forêts d’autrefois n’avaient rien de commun avec celle de Fontainebleau. C’était un espace inutile, mais aussi inculte et dangereux. Nos seulement il n’y poussait pas de blé, mais c’est dans la forêt qu’on risquait d’être attaqué par des bêtes féroces ou des brigands.

J’étais il y a peu de temps en République Tchèque où l’on nous a recommandé, si nous nous promenions en forêt, de ne pas nous écarter des chemins balisés. Nous pourrions dans le cas contraire rapporter des tiques qui peuvent provoquer chez l’homme des maladies graves.

Dans notre contexte biblique, la forêt, c’est ce qui freine la croissance du peuple de Dieu.

Qu’est - ce qui empêche l’Eglise du Seigneur de grandir ?

Commençons par le découragement.

Les israélites ont été découragés par les géants qui peuplaient la terre promise. Ne sommes - nous pas, quelquefois découragés par l’immensité de la tâche à accomplir ?

Toute l’assemblée éleva la voix et poussa des cris, et le peuple pleura pendant la nuit. Tous les enfants d’Israël murmurèrent contre Moïse et Aaron, et toute l’assemblée leur dit : Que ne sommes–nous morts dans le pays d’Egypte, ou que ne sommes–nous morts dans ce désert ! Pourquoi l’Eternel nous fait–il aller dans ce pays, où nous tomberons par l’épée, où nos femmes et nos petits enfants deviendront une proie ? Ne vaut–il pas mieux pour nous retourner en Egypte ? Et ils se dirent l’un à l’autre : Nommons un chef, et retournons en Egypte.”

Nombres 14.1/4

Que peut faire une église avec un pasteur découragé ?

Que peut faire un pasteur avec une église découragée ?

Parlons aussi de nos exigences qualitatives

Il nous arrive d’être des chrétiens difficiles. Nous implorons le Seigneur de nous accorder des âmes nouvelles et parfois souhaitons remplir notre église de chrétiens adultes et sans histoire.

Refuserons - nous l’accès de l’église locale aux « cas sociaux », aux sans abris, à ceux qui ont des problèmes dans leur foyer ? Avons-nous établi dans notre église des filtres et des calibres tellement serrés que même en rentrant le ventre, personne ne passe. Oublions - nous que nous-mêmes y sommes entrés en y introduisant de pesants fardeaux.

Nous avons commencé notre travail de pionnier avec un couple que nous appellerons Jeannot et Jeannette. L’un comme l’autre avait une vision bien personnelle de la croissance de l’église :

Prenez un Jeannot et une Jeannette, faites cinquante photocopies de chaque, et vous avez une église de cent membres.

Jésus n’a - t - il pas déchiré les mailles de nos tamis lorsqu’il a réagit ainsi :

On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touche. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.”

MARC 10.13/14

Attendons - nous un miracle pour avancer ?

Nous avons commencé par fabriquer deux cents prospectus que nous avons distribués. Jeannot et Jeannette s’attendaient à ce que cet effort soit récompensé par un réveil, mais personne n’est venu aux réunions.

- Est - ce que ça vaut la peine de continuer ?

Lorsque nous serons une grande église, nous aurons des moyens financiers, nous aurons un beau bâtiment, nous aurons des musiciens, nous aurons de belles chaises. Alors, nous pourrons commencer à travailler, nous ferons de l’évangélisation.

- Mais si nous ne travaillons pas, comment l’église va - t - elle progresser ?

Fort heureusement, Dieu ne nous demande pas de commencer par nous équiper. Si nous en avons les moyens, nous le ferons pour sa gloire. Si nous n’en avons pas les moyens, le Seigneur utilisera le peu que nous avons et même ce que nous n’avons pas.

Je vous propose une petite expérience musicale : installez vous conformément dans votre fauteuil, et écoutez la cinquième symphonie de Prokofiev. Je vous garantis que vous verrez un train traverser votre salon à toute vapeur.

Avez - vous déjà vu démarrer un train à vapeur ? Une bielle se met en mouvement. Les roues avancent d’un demi tour. On a l’impression que le voyage va s’arrêter là, mais la locomotive avance à nouveau d’un demi tour de roue, puis d’un tour entier. A cette vitesse - là nous serons à Marseille dans six mois, autant y aller à pieds.

Il en est ainsi de la plupart des églises qui démarrent laborieusement. Une fois qu’elles sont lancées, rien ne peut les empêcher de grandir.

Alors il reprit et me dit : C’est ici la parole que l’Eternel adresse à Zorobabel : Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon Esprit, dit l’Eternel des armées. Qui es–tu, grande montagne, devant Zorobabel ? Tu seras aplanie. Il posera la pierre principale au milieu des acclamations : Grâce, grâce pour elle ! La parole de l’Eternel me fut adressée, en ces mots : Les mains de Zorobabel ont fondé cette maison, et ses mains l’achèveront ; et tu sauras que l’Eternel des armées m’a envoyé vers vous. Car ceux qui méprisaient le jour des faibles commencements se réjouiront en voyant le niveau dans la main de Zorobabel. Ces sept sont les yeux de l’Eternel, qui parcourent toute la terre.

ZACHARIE 4.6/10

Ne nous contentons pas de la médiocrité

Comme nous venons de le dire, la croissance ne se fait pas du jour au lendemain. Une automobile ne peut pas démarrer en cinquième vitesse. Il faut partir en première et au moment opportun, passer la seconde, puis la troisième, et ainsi de suite …

Et si nous avons tellement peur de caler que nous ne passons jamais la seconde …

On est bien dans notre petit groupe, c’est sympathique.

Et puis personne ne vient nous ennuyer. Nous ne risquons pas d’introduire des loups dans la bergerie. De plus on ne peut pas nous accuser de faire du prosélytisme, vu que nous ne faisons pas d’évangélisation.

Démarrez avec un petit noyau présente des avantages, mais s’entêter à rester un petit noyau entraîne bien des problèmes. On s’observe, on focalise sur les défauts de l’autre, on ne se supporte plus.

Je connais sur ma tournée de facteur une maison habitée par un couple âgé. Il n’y a pas de boîte aux lettres, mais la porte est toujours ouverte et je dépose le courrier sur la table. Sur cette table, j’ai aussi découvert de quoi donner un infarctus à Brigitte Bardot : Deux énormes poissons dans un minuscule bocal. Les petits poissons rouges engraissés aux daphnies ont grossi, mais leur espace vital n’a pas suivi l’évolution.

Pourvu que notre église ne ressemble jamais à cet aquarium, ou que le Seigneur me reprenne avant de le voir !

Chassons les Cananéens

Le pays aurait du être nettoyé des peuples de Canaan avant l’installation du peuple de Dieu, non pas par simple xénophobie mais parce que ces peuples qui offraient à leurs idoles des sacrifices humains risquaient d’initier les israélites à leurs pratiques monstrueuses. Ce qui s’est d’ailleurs produit, à maintes reprises, dans leur histoire.

Qui sont ses Cananéens qui menacent d’arrêter l’Eglise, une fois celle - ci en marche ?

D’abord la suffisance :

Nous avons accompli notre mission, nous avons atteint notre objectif.

- Quel objectif ?

- Nous avons un local de cinquante places et le dimanche, toutes les chaises sont occupées. S’il arrivait encore du monde, nous ne saurions plus ou le mettre.

Lorsqu’il a commencé son ministère, le revivaliste coréen Paul Yonggy Cho a pris le tube de rouge à lèvres de sa femme, et il a tracé un 5 sur le miroir de la salle de bain.

« Pourquoi as - tu écrit 5 sur le miroir avec mon rouge à lèvres ?

- C’est mon objectif : Chaque fois que je me rase le matin, je me rappellerai qu’il me faut cinq conversions. »

Et quand il a atteint son objectif, Yonggy Cho a efface son 5, et il a tracé un 10, puis 20, puis 50 …

A partir de 500 000, la courbe a commencé à se sstabiliser, mais avouez que 500 000 âmes gagnées à Christ, ce n’est tout de même pas mal !

Le Seigneur Jésus nous a fixé un objectif :

Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

MATTHIEU 5.48

En plaçant la barre aussi haut, Jésus sait très bien que personne ici - bas n’atteindra le but.

Si nous avons une église de cinquante membres, il faudrait en théorie construire une salle de cent places. La vue des chaises vides à chaque culte nous rappellerait que le but est encore bien éloigné.

La baisse de consécration et de vigilance

Quand nous ouvrons une œuvre nouvelle, l’immensité du travail à accomplir est évidente, puisque rien n’est fait. Tout le monde se mobilise. Lorsque l’église locale est bien implantée, on perd la notion de l’urgence. On a suffisamment travaillé, on a bien le droit de souffler un peu.

Et c’est pratique, quand les hasards de la mobilité nous conduisent dans une ville qui possède une église établie. Il n’y a plus qu’à s’asseoir.

Avez - vous d’ailleurs remarqué que la distance entre l’église mère et l’église fille est toujours plus longue qu’entre l’église fille et l’église mère ?

« On aimerait bien venir vous encourager, mais tout de même, c’est loin ! »

Quand on a le sentiment que les moments les plus difficiles sont derrière nous, il est naturel de baisser un peu la garde. L’ennemi profite naturellement de cette baisse de vigilance pour attaquer. En ce qui concerne les moyens, il ne fait pas preuve d’une grande inventivité.

  • Orgueil du responsable spirituel :

« J’ai bâti mon église tout seul. »

  • Formation de clans :

« Moi j’aime mieux quand c’est Dédé qui prêche. »

  • Introduction de fausses doctrines :

« Dieu a- t- il réellement dit ? »

Le manque de vision géographique

Ne limitons pas notre vision à notre quartier.

J’ai tenu à ce que notre association ne s’appelle pas « Eglise évangélique de Châteaudun ». Elle s’est d’abord intitulée « Mission Evangélique de la Vallée du Loir », puis « Mission Protestante Evangélique du Loir et du perche ». Ainsi nous manifestons notre volonté de ne pas restreindre notre vision aux limites administratives de notre commune.

Voici ma vision de la croissance de l’Eglise pour la France : Je veux y voir autant d’églises que de bistrots.

Ce point de vue ne correspond malheureusement pas à la vision française : On ne veut pas de clocher à moins de cinquante kilomètres du notre ; ça nous fait de l’ombre.

Faut - il alors s’étonner que les américains qualifient la France de « cimetière de missionnaires » ? Faut - il s’étonner que le terrain soit si dur ?

En France, ce n’est pas le terrain qui est dur, c’est le cœur des chrétiens.

Que nous soyons à l’œuvre dans une implantation d’église (défricher la forêt) ou dans une église établie (chasser les cananéens), il est nécessaire d’avoir une bonne vision et surtout de la conserver.

J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais, la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour–là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement.

2 TIMOTHEE 4.7/8



par André FILLION publié dans : Messages d'André
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 9 mars 2008

Voulez - vous aussi vous en aller ?

Plusieurs de ses disciples, après l'avoir entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l'écouter? Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit: Cela vous scandalise-t-il? Et si vous voyez le Fils de l'homme monter où il était auparavant?... C'est l'Esprit qui vivifie; la chair ne sert à rien. Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie. Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le livrerait. Et il ajouta: C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père. Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n'allèrent plus avec lui. Jésus donc dit aux douze : Et vous, ne voulez–vous pas aussi vous en aller ? Simon Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions–nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.

Jean 6:60/68

Imaginez un court instant, mon cher frère, que vous soyez nommé pasteur et qu’on vous confie la charge d’un église. Vous dirigez donc votre premier culte face à un auditoire de quatre - vingt - deux personnes, mais le dimanche suivant, vous n’en avez plus que douze devant vous. Vous ne manquerez pas de vous étonner et de demander : « Où est passé le reste de l’assemblée ? Est - ce qu’il y a une épidémie de grippe ? »

Quelqu’un vous répondra : « Ce n’est pas cela, Frère : ils n’ont pas aimé votre message de dimanche dernier et ils ont dit qu’ils ne reviendront plus, tant que vous tiendrez cette chaire. »

Vous vous sentirez brusquement très mal à l’aise dans vos souliers, et vous serez envahi d’un sentiment de culpabilité et de remords, et vous demanderez pardon au Seigneur parce que vous avez écarté soixante - dix âmes de la voie du salut…

Rassurez - vous : Notre Seigneur Jésus - Christ a vécu la même situation, mais il ne s’en est pas culpabilisé le moins du monde.

Comment garder un auditoire favorable

Jésus, en effet, s’est exprimé devant ses apôtres et ses disciples, ainsi qu’une nombreuse foule de sympathisants. Mais à la suite de son discours, la foule se retira et la plupart des disciples dirent : « cette parole est dure, qui peut l’écouter ? » (vs 60).

Jésus reprit la parole, et l’on était en droit de s’attendre à ce qu’il arrondisse les angles afin de calmer le malaise. Mais à la suite de son intervention, la rupture fut brutale, et ses disciples mécontents le quittèrent. (vs 66).

Il ne restait auprès de Jésus que les douze apôtres à qui il posa cette question :

Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? (verset 67)

Pierre, inspiré par le Saint - Esprit, répondit :

Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. (verset 68)

A vues humaines, le Seigneur Jésus a été très maladroit. Si cet incident s’ébruite, aucun pasteur n’invitera Jésus à prêcher chez lui : « Je ne tiens pas à ce qu’il me vide mon Eglise, j’ai eu suffisamment de mal à la remplir ! »

Il existe des centaines de méthodes pour remplir une salle, ou du moins pour l’empêcher de se vider. Jésus aurait pu les utiliser : Employer un langage politicien qui ménagerait la chèvre et le choux. Eviter de dire aux chrétiens des vérités qui pourraient les offenser, leur dire plutôt ce qu’ils aiment entendre : que Dieu les aime, qu’il veut les bénir, qu’un puissant réveil arrive au grand galop, qu’une fois qu’ils sont sauvés, ils ne pêchent plus, même s’ils continuent à se conduire comme des païens. Jésus n’aurait jamais du dire à ceux qui veulent le suivre qu’ils doivent renoncer à eux - même, et se charger de leur croix. Cet Evangile était bon pour nos grands - mères. Tout cela est périmé.

Les chrétiens du réveil s’étaient libérés de la loi de Moïse pour se soumettre à la loi de Christ. Faudrait - il dire aux chrétiens d’aujourd’hui qu’ils sont libérés à la fois de la loi de Moïse et de la loi de Christ. Une telle théologie maintiendrait sans doute un auditoire dynamique sur les bancs de l’Eglise.

L’apôtre Paul nous a bien prévenus lorsqu’il dit à Timothée :

Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables.

2 TIMOTHEE 4:3/4

C’est pour se rendre agréables que certains évangélistes ont choisi de prêcher la théologie de l’opulence.

Cette recette née aux Etats - Unis présente Dieu comme un Père - Noël. « Que voulez - vous trouver dans vos petits souliers ? Une Ferrari ? Un yacht ? Une villa à Saint - Tropez ? Un neuf pièces avenue Foch ? Eh bien ! Convertissez - vous, et le Seigneur comblera tous vos désirs. » Une telle prédication est une insulte lancée à la face des martyrs, de ceux qui, plutôt que renier leur Dieu, se sont résignés à supporter la confiscation de leurs biens, la perte de leur liberté et de leurs vies.

A ce même Timothée, Paul, qui aime Dieu et la vérité par-dessus tout, prodigue ce conseil :

Prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant.

2 TIMOTHEE 4:2

« Cette parole est dure. »

« Cette parole est dure ! » S'écrient les disciples désappointés. Mais de quelle parole s’agit - il ? Résumons ce long chapitre 6 :

La foule suivait Jésus parce qu’elle venait d’assister à un grand miracle, et qui plus était, un miracle alimentaire. Ceux - là aussi échafaudaient déjà leur théologie de l’opulence.

Sur la base de cet événement, Jésus va leur donner un enseignement :

« Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et vous même avez été rassasiés par les pains que j’ai multipliés. Mais maintenant, j’ai un autre pain à vous donner, celui - ci ne rassit pas et vous pourrez l’emporter même dans l’éternité » (versets 26/27, citation substantielle).

Les auditeurs avaient les yeux rivés sur les lèvres de Jésus : quel produit miracle allait - il maintenant nous fournir ?

Le Seigneur prononce alors son célèbre discours sur le pain de vie :

Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde aucun de tous ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour.

JEAN 6:38/40

Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi. C'est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n'en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts: celui qui mange ce pain vivra éternellement.

JEAN 6:57/58

Ceux qui l’ont suivi sont maintenant très déçus. Ils ont vite compris que le pain de vie dont parlait Jésus ne se mangeait pas. « Voilà donc où il venait en venir : la vie éternelle ! J’aurai du me douter que c’était un attrape - nigaud. On ne multiplie pas les pains comme ça sans raison. La vie éternelle, ça ne m’intéresse pas. Quand on est mort, on est bien mort ! »

Cette parole n’était pas humaine. C’était une parole du Christ, inspirée du Dieu vivant. Dès ce moment, elle va commencer son oeuvre : le miracle a rassemblé les hommes, mais la parole de Dieu va les séparer. Si nous prêchons de nos chaires un discours politique ou philosophique, nous allons rassembler les hommes, mais si nous prêchons la parole inspirée de Dieu. Nous allons les diviser.

Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du coeur.

HEBREUX 4:12

Cette parole est une épée, nous pourrions dire un bistouri. Elle va opérer chirurgicalement le coeur et la chair de l’homme. Elle séparera la vérité du mensonge. Elle séparera l’amour de Dieu de l’amour du monde. Elle séparera la sincérité de l’hypocrisie. Elle séparera la sainteté de l’impiété. Elle séparera la chair de l’Esprit. Elle séparera la foi de l’incrédulité. Elle séparera la piété de la débauche. Elle mettra en évidence les motivations profondes : Pourquoi veux - tu suivre Jésus ? Parce que tu es pécheur et que tu veux être sauvé ? Parce que tu l’aimes et que tu désires le servir ? Ou est - ce parce que tu veux te servir de lui ? En prêchant la parole, nous mettons l’âme du pécheur à nu.

Jésus n’a pas voulu tromper ses disciples en leur promettant la facilité et les honneurs.

Il ne leur a pas caché la vérité.

Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il se détruisait ou se perdait lui-même? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges.

LUC 9:23/26

Mais, avant tout cela, on mettra la main sur vous, et l'on vous persécutera; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous mènera devant des rois et devant des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous arrivera pour que vous serviez de témoignage. Mettez-vous donc dans l'esprit de ne pas préméditer votre défense; car je vous donnerai des paroles et une sagesse telles que vos adversaires ne pourront leur résister ou les contredire. Vous serez livrés même par vos parents, par vos frères, par vos proches et par vos amis, et ils feront mourir plusieurs d'entre vous. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom. Mais il ne se perdra pas un de vos cheveux; par votre persévérance vous sauverez vos âmes.

LUC 21:12/19

Josué fit un jour une mission d’évangélisation tout à fait remarquable. Au terme de la mission, il a fait un appel :

Maintenant, craignez l'Eternel, et servez-le avec intégrité et fidélité. Faites disparaître les dieux qu'ont servis vos pères de l'autre côté du fleuve et en Egypte, et servez l'Eternel. Et si vous ne trouvez pas bon de servir l'Eternel, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir, ou les dieux que servaient vos pères au-delà du fleuve, ou les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Moi et ma maison, nous servirons l'Eternel.

JOSUE 24:14/15